« On avait dit que c’était le dernier ! »

Pendant toute la grossesse, et même avant, nous avions vite décidé qu’Harry serait le deuxième mais aussi dernier enfant. C’était une évidence. On s’était déjà posé la question d’en avoir un deuxième alors cela paraissait, pour nous, clair qu’il n’y en aurait pas d’autre.

Mais la chose que j’ai réalisé encore plus fort que la première fois, peut-être avec l’idée que c’était la dernière, c’est qu’on ne pouvait rien vivre de plus fort que de mettre un enfant au monde et de le voir grandir. Je suis complètement bouleversée par la maternité, par ces rencontres suspendues, par ces petits corps chauds contre moi. Alors qu’encore enceinte, je ne comprenais pas mes copines qui en voulaient 3 ou 4. Je leur disais que je leur laissais la place, allègrement.

C’est fatigant, épuisant et ça avale toute notre énergie mais en retour ce sont des vagues d’amour, des torrents de souvenirs, des caresses sur la peau… Je crois qu’en 4 ans, j’avais finalement oublié beaucoup de tous ces beaux instants qui m’avaient pourtant chamboulée, renouvelée et même inspirée pour des tonnes d’articles. Mais je crois qu’il y a à la fois un bain d’hormones et le fait de se plonger à nouveau dans cette période que j’ai préférée de toutes : le maternage d’un bébé ! Ça passe beaucoup trop vite et j’essaye de saisir chaque journée comme une chance de la vivre.

Il y a, aussi, le fait de se dire que toutes ces journées ne seraient plus que des dernières fois qui a renforcé ma nostalgie et très vite mon cerveau s’est dit que de savoir que je ne vivrais plus les plus belles émotions que je ne vais jamais ressenti, c’était trop tôt. Alors, j’ai dit « Oh peut-être qu’Harry ne sera pas le dernier, finalement… ».  Mais Mr l’Amoureux m’a vite reprise ainsi que le quotidien. Le retour au travail, l’allaitement qui continue et tout ce que cela inclue hors des moments avec Harry. Tirer son lait et la logistique qui en découle. Les débuts de journée avec deux enfants à déposer (on a finalement penché par le choix de déposer chacun le sien, en fonction de notre chemin), les soirées qu’on se répartit pour les récupérer tous les 2, les soirs où je ne vais pas les chercher mais où je suis en manque de mon bébé et que je rentre quand même le plus tôt possible pour le retrouver, le tunnel du 18h30-20h30 pour les laver, faire manger et coucher, les maladies qui n’ont eu cesse de se relayer ces 3 dernières semaines chez nous, les week-ends qui passent à une vitesse folle alors qu’on sort beaucoup moins qu’avant… Mon dos qui souffre et la fatigue qui s’installe, les cheveux qui tombent par poignée et la garde-robe qui n’est plus adaptée à la ligne pas retrouvée…

Quelques jours après avoir commencé ce texte, j’y ajoute donc de nouveaux ingrédients. Moins rêveurs, moins planants. Le quotidien éreintant de deux parents qui travaillent. Malgré nos aménagements les semaines sont étouffantes et je les vis comme un tunnel qui ne prend fin que le jeudi soir, pour ma part.

Alors l’avenir nous dira si c’est le quotidien fatigant qui prime ou la nostalgie des sentiments. Si l’envie intime d’un nouvel enfant renaît pour nous 2. Pour l’instant je vais chouchouter tous ces moments qui font, j’en suis sûre, partie des plus beaux de notre vie… 

10 comments

  1. Livteapaper says:

    Il ne faut jamais dire jamais.. On devient vite gourmand d’amour !
    Mais je comprends ton ambivalence.. Avant d’être maman je disais que même si je gagnais au loto je continuerai de travailler, j’aimais trop mon job ! Maintenant je n’en suis pas sûre, cette course du quotidien, cette impression de ne pas profiter assez de mon petit homme.. Ça pèse..

    • julycocoon says:

      Oui et le temps ne se multiplie pas comme le nombre d’enfants, c’est bien l’inverse hélas !!! Si on en avait 3 j’aimerais arrêter de travailler mais qui me donnerait de l’argent ?? Ah ah toujours le même dilemme…

  2. Docteur Mamangue says:

    Je te comprends tellement. J’ai toujours dit que j’en voulais 3. Après la naissance du deuxième, j’ai commencé à penser pourquoi pas 4. Maintenant que numéro 3 vient d’arriver, j’ai du mal à me dire qu’il sera le dernier tout en ayant plein d’arguments pour que ce soit le cas. On verra ce que l’avenir nous réserve.

  3. Gwen C. says:

    Comme je te comprends, moi aussi… Après notre petit dernier, j’en aurais bien voulu un autre pour qu’ils puissent être proches en âge et jouer ensembles. Et puis pour materner un peu plus longtemps 😊 Quand il a eu un an, c’est devenu plus compliqué et je ne me voyais plus revivre tout ça, au grand soulagement de mon homme pour qui 4 enfants à élever c’est bien assez !
    Et puis, il y a quelques semaines, j’ai cru pendant quelques jours être enceinte, un accident. Et je me suis surprise à être heureuse ! Puis déçue… Je le livre ici, boostée par ton article, mais je n’ai pas osé parler de cette déception à mes proches. A mon âge… Mais justement, cet âge qui me dit que c’est terminé me rend nostalgique…
    Si j’avais su, j’en aurais bien fait 2 ou 3 de plus 😅❤

  4. Maud says:

    Je n’ai pas eu le choix dans ma vie du nombre d enfants, ma vie a été une succession de malheurs et d échecs et à 43 ans (je suis vieiillllllllle) je sais que c est fini, j’ne ai 3 mais je rêvais d’une vraie grande tribu…… alors j ai comme un sentiment d’inachevé….

    • julycocoon says:

      Pourtant 3 c’est déjà considéré comme
      Une famille nombreuse alors bravo à toi ! Un jour tu seras peut-être grand-mère et je me dis que cela doit être un chouette rôle aussi ! Mais je comprends l’inachevé…

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