Le choix de la maternité

Cet article m’est venu en tête alors que j’étais à la maternité et que j’ai reçu beaucoup de retours suite à mes stories. Vous me demandiez dans quelle clinique j’étais, parfois pourquoi j’étais restée dans la même que celle où Zoey était née et où j’avais mis fin au suivi avec ma première gynéco ou alors vous étiez étonnées de la qualité de mes repas. Bref, il fallait absolument que je prenne le temps de raconter tout ça !

L’expérience avec Zoey

Avant Zoey, j’étais suivie par ma première gynéco à Bretéché et quand j’ai voulu un bébé puis que je suis tombée enceinte, cela m’a semblé évident d’y accoucher. C’est la plus petite clinique nantaise et j’adore ce côté familial et intimiste du bâtiment à taille humaine. J’avais, pendant mes études, travaillé à l’accueil de petites cliniques et c’est un environnement que j’aime particulièrement. Clairement, dans une autre vie, je suis persuadée d’avoir été sage-femme 🙂

J’y étais bien suivie et j’en avais entendu beaucoup de bien. La seule clinique nantaise qui aurait pu me faire changer d’avis était Jules Verne car en emménageant dans notre Home Sweet Home nous nous en rapprochions mais je préférais continuer où j’étais. Mon accouchement s’est relativement bien passé avec une sage-femme totalement connectée et qui a été un ange pour moi et une salle nature en cohérence avec mon projet.

Il y a deux choses que j’avais moins aimées. La venue du gynéco sur la fin de mon accouchement et le passage de la mienne dans ma chambre le lendemain matin. Clairement, j’avais été traumatisée par ses propos et cette violence (que je n’appelle pas humour contrairement à ce que j’ai pu entendre de certains de ses collègues) balancée verbalement. Il a fallu que j’en parle à mes sage-femmes libérales pour comprendre que je ne devais plus être suivie par elle et que je décroche mon téléphone pour appeler une autre gynécologue. Cette femme solaire que j’avais vue dans la nurserie, à l’heure du bain, et dont j’avais demandé l’identité. Absolument fascinée par ce que j’avais entr’aperçu de sa personnalité. Mon haptonome qui m’a aussi aidée à surpasser cet épisode m’a donné son nom en recommandation. Il n’en fallait pas plus pour que je prenne mon rendez-vous post-partum avec elle. Elle a lu mes récits, elle m’a reçue en pleurs et elle a tout fait pour me protéger. Elle m’a promis ce jour-là que, si un jour, j’avais un autre bébé dans cette clinique, elle ne m’approcherait pas. Elle a monté le dossier à la direction et s’est assurée que j’avais pu en discuter avec le directeur. Et puis elle m’a apporté toute la confiance et le professionnalisme dont j’aurais pu rêver. 

Mon premier séjour à la maternité

Pour Zoey, j’avais adoré ma chambre double : une partie pour la maman et un salon où le papa pouvait rester dormir. Ce même salon nous pouvions recevoir les visites. Je pouvais aussi passer dans la chambre allaiter ou faire les soins sans être gênée. La couleur du mur que j’appelle « bleu Cocoon » et qui était celle des accessoires et décos que nous avions choisis pour Zoey, et le nom de la chambre « Cocooning » étaient des signes que j’étais là où il fallait. Nous n’avions pas beaucoup profité de la terrasse mais c’était agréable d’en avoir une. C’était un séjour digne d’un hôtel, grâce à la mutuelle de Mr l’Amoureux qui prenait en charge le montant intégral. Et je n’ai jamais vu de telles prestations dans les autres établissements nantais.

Un massage pour la maman (visage / mains ou pieds que j’avais choisi aux pieds sur recommandation et qui m’avait fait planer), deux salles de bain, des repas gastros pour soi ou le papa, etc. Je précise que ces repas et soins sont inclus dans la chambre cocooning. Il y a des options inférieures et une chambre supérieure, également depuis fin 2018. Je m’y étais sentie si bien et j’ai adoré mon séjour. Ce qui est plutôt rare d’après mes amies qui, en général, ne rêvent que de rentrer chez elles. Pour l’allaitement j’avais été bien accompagnée en repérant les membres du personnel à appeler pour repartir avec toutes les bases en tête. Je ne rêvais que d’une chose en partant : revenir y mettre un autre bébé au monde.

Le suivi de ma deuxième grossesse

Ma nouvelle gynécologue m’a fait un suivi de rêve. Elle n’a jamais été stressante sur aucun point. Elle n’a fait que les examens obligatoires. Pas d’examen physique avant d’être bien avancée dans la grossesse. Pas de pesée dans son bureau, elle se contentait de me demander mon poids et de me dire que c’était super à chaque fois. Pas de test du glucose car je n’avais pas le profil à avoir du diabète de grossesse. Un suivi bienveillant et en toute confiance.

Je ne me voyais pas accoucher ailleurs pour les raisons données précédemment. Mon Haptonome a évoqué un accouchement à domicile mais j’aimais trop le cocon de la maternité pour m’en priver. Je n’avais aucune crainte quand au fait que mon corps puisse accoucher naturellement. Vu la naissance plus compliquée d’Harry, je ne regrette pas ce choix car je n’aurais définitivement pas pu accoucher chez moi… Mes sages-femmes libérales ont presque été choquées que je n’ai pas changé de clinique mais j’ai vraiment fait la part des choses et il n’y avait qu’une personne qui m’avait déçue. Je volais absolument passer au-dessus ça pour clore l’histoire. Je trouvais ça beaucoup plus cohérent que de fuir ailleurs pour de mauvaises raisons.

Après la première échographie (celle de datation), je lui ai redemandé si elle me garantissait d’un accouchement sans ma première gyneco. Elle m’a dit qu’elle n’avait qu’une parole et que ce qu’elle m’avait dit 3 ans auparavant ne changeait pas. Qu’elle veillerait à ça.

Quand elle m’a vue déçue de savoir le sexe de mon enfant elle a trouvé les mots sans me faire comprendre que je me trompais mais pour me dire qu’il n’y aurait pas ce sentiment le jour j. Quand elle m’a reçue le jour de mon terme, avec un bébé au grand périmètre crânien, elle m’a dit de ne pas m’inquiéter. Et je l’ai suivie. Les derniers jours, elle a regardé tout le planning de garde pour que je ne tombe pas sur celle que je ne voulais pas voir et se mettait en garde parallèle les jours où c’était nécessaire. Elle n’a pas voulu me faire un décollement de membranes prévu pour que ça ne tombe pas au mauvais moment. Et quand elle est venue me voir après mon accouchement, sur un jour où elle ne travaillait pas, elle m’a laissée pleurer dans ses bras. Vider mon sac et elle est repartie aussi solaire que la première fois que je l’avais vue, 4 ans auparavant.

A la fin de ma grossesse, au moment où je me sentais grosse et épuisée elle m’a dit que j’étais le sosie de Meghan Markle. J’étais morte de rire… Et puis dans ma tête résonnait le doux nom d’Harry… Je souriais à cette éventualité… Une Meghan qui avait déjà son Harry sans le savoir…

Mon deuxième séjour avec Harry

Cette année, grâce à la même mutuelle, je suis repartie sur le même type de chambre. Le remboursement de la nôtre était un peu inférieur pour la nouvelle chambre et je préférais reprendre une similaire à celle de Zoey. Nous avons eu exactement la même, celle à la couleur « bleu Cocoon » qui nous plait tant ! Pourtant, lors de mes rendez-vous de suivi de la semaine du terme on me disait que la maternité était blindée et que toutes les chambre simples étaient prises. J’étais un peu paniquée. Mais finalement, en attendant le 30, cette chambre a pu être libérée. 

Je m’y suis sentie si bien. Mes souvenirs positifs, le massage des pieds toujours aussi dément, surtout après cet accouchement, les 3 repas gourmands, la terrasse où je dînais le soir seule ou avec Mr l’Amoureux ou même un soir avec Zoey en mode pique-nique/apéro, les visites dans le salon… 

J’ai aussi eu les passages et visites de ma gynéco, raconté plus haut, du médecin et de la sage-femme qui m’avaient accouchée. La taille de la clinique et le nombre de patients permettent cette proximité et personnellement j’ai viscéralement besoin de parler et revenir sur mes accouchements après les avoir vécus. Ma gynéco en mesurant mon état de choc, une fois de plus, a prévenu son collègue, que j’avais trouvé génial, parce que des questions me trottaient dans la tête. Il est passé le midi même et m’a demandé si je souhaitais le voir. Je voulais savoir si Harry avait vraiment eu la tête vers le haut à un moment. Comme il n’est arrivé qu’à la fin et qu’il n’a jamais constaté ça il m’a donné deux hypothèses. Soit c’était le cas et il avait bougé pendant le travail mais je n’ai pas retenu cette piste, soit l’erreur étant possible sans faire d’écho (chose faite seulement à son arrivée) son crâne n’étant pas dans l’axe idéal, il se pouvait que la sage-femme se soit trompée à l’examen. Toujours est-il qu’il a été bloqué pendant tout l’accouchement, que je n’avais pas un bassin large et que mon os de symphyse pubienne étant plus bas que la moyenne supposiat une  poussée plus difficile difficile vue mon anatomie, particulièrement avec un bébé plus gros que le premier et coincé. Il m’a aussi longuement parlé de mon projet de naissance et du fait qu’il ne fallait pas s’acharner à accoucher physiologiquement si ça bloquait. Et m’a dit ces phrases très justes : « Avant un projet de naissance, il y a un projet de bébé, un projet de vie. C’est ça qu’il faut retenir. Et l’accouchement n’est que le commencement de la vie. » Ayant pensé au pire pendant l’accouchement, ses paroles m’ont vraiment aidée à aller de l’avant et à me dire que la douleur allait passer et que mon bébé était bien en vie dans mes bras et que pour moi tout irait bien ! 

Lors de mon premier accouchement je n’ai pas été en connexion avec aucun des deux gynécos ni celle de mon suivi, ni celui de mon accouchement, cette fois-là, je dois dire que ça été un carton plein. J’aurais bien gardé ma première sage-femme, mon Elena, mais elle n’y était plus.

En parlant de sage-femme, le lundi soir, elle est aussi passée me voir pendant sa garde. J’étais un peu sur la réserve parce que je lui en voulais. Je pense qu’elle a eu un bon accompagnement sur certains points et certaines propositions mais pas jusqu’au bout de la nuit. Il y a eu un avant / après péridurale. Et même s’il n’y a rien eu de dramatique, je ne vous ai pas reparlé d’elle dans le dernier épisode de la naissance d’Harry car je ne voulais garder que le bon. Je l’ai vraiment trouvée fatiguée à 7h et je comprends qu’on le soit à la fin d’une nuit de garde mais je pense qu’en entrant dans la chambre, elle devrait pouvoir le cacher… Je ne rentrerais pas dans plus de détails et je suis désolée si elle me lit, ou si on la reconnaît, car je sais que le monde est petit dans ce milieu (!), mais j’avais besoin de le dire et de me recentrer et partager mes besoins intimes lors de mon accouchement pour aller jusqu’au bout de cette mise à nue qui me fait si bien. Pour moi, le rôle de la sage-femme est l’une des clés d’un accouchement réussi. Et je crois bien que je ne suis pas la seule à le penser. 🙂

 

Cette fois, quand il a fallu partir de la maternité, je ne me sentais pas prête. J’ai accouché le dimanche matin et on m’a proposé une sortie le mercredi matin car tout allait bien pour Harry & moi. J’avoue que le mercredi avec Zoey qui n’avait pas école l’après-midi me semblait un peu compliqué pour un retour et on m’a proposé de rester le temps que je voulais. J’ai demandé un rab de 24h qui m’a permis de rentrer chez moi avec moins de douleur et plus sereine. J’avais envie et besoin de ça. C’était la fin des premiers jours de mon nouveau-né, c’était, à priori, la dernière fois que je passais du temps à la clinique. Je voulais profiter de ces dernières heures pour refermer la porte sur ma maternité à moi. Pour revenir forte et sereine chez moi. Si possible sans baby blues. Et tout s’est bien terminé.

Le jeudi matin, Mr l’Amoureux qui dormait à la maison a emmené Zoey à l’école avant de me rejoindre. Je l’attendais pour le dernier passage en nurserie. On a fermé les valises. Fait quelques photos et vidéos et on est partis tous les trois. J’étais heureuse et émue, prête. Tellement prête à ajouter Harry à notre vie !

10 comments

  1. Solene says:

    Moi aussi j’ai eu beaucoup de mal avec ma Gynecologue dans cette clinique et j’avoue que j’ai eu du mal à m’y reconfronter pour la 2ème mais la grossesse se déroulant plus simplement que la première j’ai retenté car je trouve aussi le lieu et l’équipe Médicale au top dans son ensemble!

    • julycocoon says:

      Avec la même gynéco ? Pour un deuxième, je pense qu’on arrive à prendre plus de distance car on est moins stressées. Enfin pour moi c’est toujours viscérale d’accoucher et ça remue beaucoup mais je suis peut-être un cas à part !!!

  2. Marie P says:

    Moi aussi j’ai accouché à Brétéché et j’ai été ravie de l’accompagnement. Un très beau projet médical. Dommage que certaines chambres soient un peu vieillottes.

  3. Alice says:

    Bonjour,

    J’avais lu ton premier récit d’accouchement sans être concernée à ce moment là par un projet d’enfant mais il m’avait marqué quand même puisqu’au moment de choisir ma maternité il y a quelque mois, j’ai beaucoup hésité à partir sur cette clinique devant choisir un gynécologue au hasard pour terminer mon suivi de grossesse qui se faisait à l’extérieur, j’ai eu peur de tomber sur la mauvaise personne. J’ai failli t’écrire et puis je me suis dit que de toute façon le jour de l’accouchement j’aurais de toute façon affaire à la personne de garde et que c’est surtout ce jour là que ca poserait problème. J’ai donc choisi au hasard une gynécologue qui etait Super et heureusement elle etait de garde le jour J et est passée également me voir le lendemain. Ma sage femme etait tres bien également. Elles m’ont beaucoup aidée.
    Du coup, maintenant que je connais cette clinique, ton nouveau récit m’interpelle encore plus que le premier Car j’ai envie de savoir si c’est la même personne que moi ou s’il y a encore mieux 😊. Si tu le sens, je veux bien avoir un prénom en message privé? Merci pour ton récit.

  4. Emie says:

    Moi qui est vécu mon deuxième accouchement là bas je n’ai pas aimé autant que toi la clinique j’ai pas eu les meme services que toi sûrement rapport avec la mutuelle, la sage femme que j’ai eu c’est aperçu au bout de 3 fois que le monito était mal positionné alors que j’avais énormément de contractions j’etait déjà en travail, ma fille qui est un gros bébé les médecins on suspecté un bébé macrosome donc pendant les 1ères 24h prise de glycémie à chaque bib et quand j’appellai avant de donner le bib je n’avais personne avant 45 minutes donc assez long avec un bébé qui a faim. Mais je suis contente si tu as eu un super impression je suis certainement pas tombé sur la bonne période.

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