La naissance d’Harry #3 le travail

(Épisodes #1 #2) Mr l’Amoureux me fait hurler de rire car il compare cette salle et les deux heures qui vont suivre à une croisière. C’est tellement cosy. Ma grande baignoire avec des bulles, la musique que l’on met, lui sur un transat ! C’est un super moment, j’alterne les contractions et les crises de rire. Le papier peint est bleu. Je n’avais pas pris de bain pour Zoey et je suis ravie de cette nouvelle expérience. Je m’assoie en bouddha nue car l’auxiliaire m’a dit que mon maillot de bain ne servirait pas à grand-chose. Je souris. La douleur monte peu à peu. On grignote un mélange de noix de cajou, amandes et cie avec un jus de fruits bio. C’est l’apéro et ce sera mon dernier repas. Je n’ai pas mangé de pâtes, je dis à l’amoureux. Mais des pâtes au goûter ça donnait moins envie. On rit.

20h30, ça toque à la porte. Une très jolie sage-femme blonde se présente ! Elle attendait qu’on l’appelle depuis sa prise de garde mais voyant l’heure avancer elle vient se présenter. Elle propose un nouvel examen que j’accepte car je veux savoir. On passe en chambre de pré travail. Les contractions pincent en sortant du bain. Fort.

2.

Je m’effondre. J’ai dû pleurer à peu près 10 litres. 5h de foutues contractions pour rien. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas mon corps et j’ai mal. La sage-femme me demande si je pense que le bébé est bien positionné. Et j’ai un doute. Il a été si bien, si prêt, si dans les starting-blocks depuis toujours et puis depuis mon dernier rendez-vous ostéo, j’ai senti que les pieds étaient en bas à gauche au lieu d’en haut à droite. Une sage-femme du chant prénatal m’avait dit que ce n’était pas grave du tout mais là… Celle du jour me dit qu’il regarde vers le haut.

J’en veux à tout le monde. A l’ostéo qui a peut-être libéré trop de place, au bébé qui a perdu la boussole, à ce col qui ne s’ouvre pas. « Vous allez voir ce sera rapide pour un 2ème ». Je déteste la terre entière. Et c’est tellement à l’inverse de ce que je voudrais ressentir à ce moment là… Elle me demande si je ne suis pas « du genre à adorer être enceinte et à vouloir garder le bébé ». Je manque de m’étouffer… Cela fait 8 mois et 3 semaines que je sais que j’attends un bébé, cela a assez duré. Depuis 3-4 semaines tout est prêt et je m’ennuie même, par moments. Cette semaine a été l’apogée de l’attente, du moral en dents de scie et je n’ai qu’une envie : retrouver mon corps et découvrir mon bébé. Donc non, je ne suis pas de ce genre et cette étiquette ne me plaît pas du tout.

La sage-femme est silencieuse. Elle me demande ce qu’on fait. Je me ressaisis. Bien sûr, que l’on continue sans péri. C’est mon projet de naissance, on lui dit d’ailleurs nos différentes envies, elle préfère les entendre que les lire !

On souhaite donc :

  • Pas de péridurale si possible
  • Utiliser le ballon et la salle nature
  • Penser à la sophrologie, l’haptonomie, l’auto hypnose, Bonapace, le chant prénatal…
  • Tenter le bain
  • Essayer de ne pas rompre la poche du liquide amniotique trop tôt
  • Trouver une position d’accouchement libre
  • Essayer de faire sans l’obstétricien sur la poussée
  • Attraper le bébé
  • Attendre un peu pour couper le cordon par le papa si possible
  • Qu’on nous laisse voir le sexe
  • Faire du peau à peau immédiatement.

Elle valide. C’est un projet cohérent et plutôt classique. Si tout avance bien elle fera le max pour se passer du gynéco qui n’est pas la mienne mais un autre que je connais juste de vue. Un médecin qui n’a pas le physique de la profession et je rigole en le décrivant à l’Amoureux. La sage-femme confirme mes mots. Je suis sereine qu’il vienne ou non ce n’est pas celle que je ne veux pas voir. Le reste me va.

21h25. On part en salle nature. 21h27,  je prends Mr l’Amoureux en photo !

On retrouve tout de suite nos marques. Cette salle est si belle. Je suis émue d’y être à nouveau. On fait couler un bain, on allume de la musique folk et on découvre une playlist qu’on écoute en boucle, on tamise les lumières. On allume ou éteint la clim selon la température. Il fait moite. La nuit est belle et chaude. On est encore le 29 juin.

Je monte dans le bain en englobant le ballon pour aider bébé à bien se positionner mais c’est super douloureux. Je n’ai plus envie d’être dans le bain. Je veux être mobile. Alors s’enchaînent 2-3 heures de travail complètement folles. J’utilise la liane, je m’étire le dos, c’est magique, je chante avec Mr l’Amoureux, des sons graves sortent à chaque contraction, je marche, je danse, je fais du ballon. Mr l’Amoureux me masse les reins si douloureux avec de l’huile essentielle pour accompagner le travail. Je prends de l’homéopathie. On fait les massages vus avec Bonapace. J’écoute mon corps et j’alterne ce vers quoi il me guide. Je sens l’ocytocine qui augmente. C’est comme une drogue qui monte doucement. J’alterne entre ces douleurs et cet effet de planer. Je suis shootée. Et j’adore ça !

C’est comme pour Zoey et ça me rassure ! Je suis béate, j’ai mal, mais j’avance vers la rencontre. Mon corps a trouvé ses repères. La sage-femme repasse vers 23h. Je suis à 5. Bonheur ! Je suis regonflée à bloc ! Je me dis que ça va aller, elle aussi. Elle dit que dans quelques heures le bébé sera là. Elle parie sur 1h. Moi je ne dis rien. Mais je travaille.

Le bébé descend. Sur certaines contractions, j’ai besoin de lever une jambe en appui sur un tabouret. Je ne peux pas l’expliquer, j’ai besoin d’ouvrir cette jambe droite. J’écoute tout ce que mon corps dit. Je le suis au bout de la nuit. La liane est mon pilier numéro 2, après l’Amoureux. Je m’y suspends, je m’y emmitoufle le visage, je me caresse les joues avec, c’est un cocon. J’essaye d’oublier le reste. J’ai les yeux fermés. Je pars loin.

Je suis dans un hamac sous les pins. Au bord de la mer. Je vis dans mes souvenirs de petite fille. J’ai 5 ans. J’ai 7 ans. J’ai 10 ans. Il y a l’aura mes grands-parents. Ils sont là dans mes plus beaux souvenirs d’été. Je me balance dans le hamac. Je n’ai plus mal, là-bas. Laissez-moi. L’amoureux rigole quand il comprend que je refais comme pour Zoey. Il se rappelle de ces voyages de l’esprit. Moi, je sais que c’est bon signe et je le laisse divaguer. Ça sent bon. Les épines crissent sous les tongs, je sens la douceur rêche du tissu du hamac sur ma peau, les rayons de soleil qui traversent les branches en dansant, le vent chaud de l’été qui me berce, l’odeur du sel de la mer, le sable chaud sous mes pieds, la voix de mon grand-père et le sourire de ma grand-mère. Je suis si bien…

Contrôle à nouveau vers minuit 6-7. J’ai l’impression qu’elle dit 7 pour me faire plaisir et je trouve ça long. On arrive au 30 juin. Ça sera sûrement sa date de naissance et qu’elle est belle ! Elle me plaît ! Le dernier jour de juin pour conclure cette attente sans fin ! On continue mais la douleur monte. Vraiment.

La suite, demain 😉

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11 comments

  1. Livteapaper says:

    Quel beau récit. Moi qui sais que je n’accoucherai jamais que par césarienne ton récit me fascine !
    Par contre le coup du « vous êtes sûre que vous ne voulez pas garder votre bébé au chaud » je t’admire, à ta place j’aurais mordu je pense 😅

  2. Mathilde says:

    « Vous allez voir ce sera rapide pour un 2eme » … oups encore désolée ! Je ne le dirai plus jamais 😞
    En tout cas quelle magnifique description de la gestion du travail et belle auto-hypnose chez tes grands-parents !
    Tu as géré ! (Et Mr l’amoureux aussi !)

    • julycocoon says:

      Oh ce n’est pas que toi et je ne t’en veux pas du tout, tu le sais. C’était des messages positifs et j’ai vraiment basé toutes ma préparation là-dessus. J’avoue que je ne me suis jamais préparée à ce que ce soit « pire »… Oui tu as vu l’auto hypnose ça s’invite vraiment automatiquement à un stade chez moi… Mr l’Amoureux a été parfait !!!

  3. Gwen C. says:

    On me l’avait dit aussi que ce serait plus rapide et moins douloureux pour un second… Que neni… 30 heures de souffrances pour mon Petit Dernier !!!!!

    Bon j’attends avec impatience la suite de ton récit, pour voir si tu as réussi à le faire sans péridurale ou si, comme moi, à cause de l’épuisement, il n’y avait plus que la péridurale ou la césarienne en option… J’ai choisi la péridurale, qui m’a permis de me reposer un peu avant le bouquet final…

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