La naissance de Zoey Cocoon #2

Première partie du récit à lire ici ! 14h15 on sonne à la porte des salles d’accouchement et une sage-femme m’ouvre, je suis au bord des larmes, un peu perdue et stressée. Elle nous installe dans la salle de consultation et est tout de suite rassurante. Elle installe le monitoring et c’est parti pour 30 bonnes minutes à écouter les battements du cœur de bébé et à sentir venir les contractions toutes les 3 minutes ! Je franchis chaque douleur comme si j’escaladais une montagne, parfois avec plusieurs pics ! Mr l’Amoureux suit les graphiques qui s’impriment et comprend mieux ce que je traverse ! Mais à ce moment-là je suis plus détendue, rassurée d’être à la clinique et j’attends le verdict sereinement. La sage-femme revient, nous rassure et félicite pour les contractions et battements de cœur et contrôle le col. Je sais avant même qu’elle l’annonce, ce qu’elle va dire. Je suis déjà à 4-5 centimètres, la moitié du travail est faite ! Elle me semble assez impressionnée, jusque-là je pense qu’elle n’y croyait pas. On comprend alors que le bébé arrive, ce qu’elle nous confirme ! L’émotion nous submerge et avec pudeur elle quitte la salle quelques instants. Je suis heureuse ! Je pleure, Mr l’Amoureux aussi, le moment est tendre et complice. Les contractions suivantes ne viennent pas chambouler cette harmonie, elles contribuent à ce moment intense. Notre sage-femme revient et me demande comment j’imagine mon accouchement. A cet instant mes envies précises sont chamboulées. Je me rappelle qu’avant de partir j’ai dit à mon mari « je prendrai la péridurale » et puis finalement, ici, tout s’éclaire. Je veux commencer sans, comme j’ai prévu depuis quelques semaines. Je veux accueillir mon bébé dans la salle nature et tenter de continuer le travail seule avec mon corps et le futur papa. La sage-femme me rassure et approuve, elle répète que je me débrouille bien. Elle est d’une sagesse qui me fascine. Elle me dit que l’anesthésiste est prévenu si j’en ai besoin plus tard, que la salle nature est toute à moi et qu’on y va maintenant !

Je pensais passer par une autre salle avant et je suis ravie d’y entrer. Je l’avais déjà visitée et j’y trouve vite mes repères mais Mr l’Amoureux la découvre et ne réalise pas encore que c’est là qu’on va accoucher ! C’est un cocon, on pourrait se croire chez nous : ambiance tamisée, canapé, ballon, baignoire, liane, lit non médicalisé, poste CD. Tout est fait pour s’y sentir bien. La sage-femme nous laisse après nous avoir expliqué comment se servir de la clim et autres éléments, je n’ai rien suivi. Je laisse mon mari gérer, je suis prise de douleurs et je cherche à me calmer sur le ballon. Il met un CD de Cocoon pour nous accompagner. Qu’aurions-nous pu mettre d’autre ?

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Aaaaah le ballon, je ne suis bien qu’assise dessus, je fais des rebonds, des mouvements de hanches, des balancements mais lorsqu’une contraction arrive je m’arrête et je dois me concentrer sur mon souffle, guidée par mon amoureux qui ne me lâche pas. J’ai besoin d’étendre mes bras et ma tête sur le lit pour m’étirer tout en étant assise sur le ballon pendant que Mr l’Amoureux me masse les reins, volcans en pleine éruption d’où émanent des douleurs brûlantes. La lave parcourt mon corps et seuls des mots rassurants et la respiration m’aident à expirer ces maux. On essaye aussi d’utiliser les techniques d’haptonomie pour évacuer la douleur mais c’est difficile de se concentrer dessus sur le long terme. Mais Mr l’Amoureux m’avouera qu’il s’est focalisé sur la douleur pour m’aider. Le temps passe, la sage-femme n’est pas encore repassée, elle attend 15h45 mais à 15h30 j’ai besoin de savoir. J’ai mal et il me faut un bilan, je veux valider des étapes pour retrouver de la force. Je supplie mon amoureux de l’appeler. Elle arrive instantanément, me dit que je gère très bien ma respiration et me rassure. Petit examen, elle annonce avec entrain que le travail avance vite : on est à 7 ! J’ai envie de sauter de joie mais je suis inquiète. J’avais entendu qu’à partir de 6 le plus gros du travail était fait et que la douleur se stabilisait mais je sens dans mon corps qu’au contraire tout s’accélère. Que les douleurs vont crescendo, je ne suis pas sûre de tenir et j’ai peur de la fin.

A 15h30 Elena, c’est le prénom que je lis sur la blouse de ma sage-femme, devient mon 3ème pilier. Après Mr l’Amoureux et le ballon, je sens que sa présence et ses mots me sont indispensables. J’ai besoin de son avis. Encore une fois elle me rassure et me trouve formidable. Moi je grave son prénom dans ma tête et lui demande avec appréhension à quelle heure elle termine sa journée. Quand elle me répond 19h30, je prends ma décision. Ok pour continuer encore mais, à 19h30, j’aurai accouché. Je veux que ce soit avec elle et ne supporterai pas de perdre un de mes piliers. Elle est soufflée, elle sourit, elle est superbe et son visage serein est amusé. Elle me dit de ne pas me mettre la pression. Je réponds qu’il n’y a pas d’autre solution, je veux, et je sais, qu’à 19h30 notre bébé sera là. Je peux tenir 4 heures de plus mais pas une minute sans elle. Elle repart et nous dit qu’elle repassera vers 17h sauf si nous avons besoin d’elle avant.

A 16h30 une heure de plus est passée. Je sonne, je n’en peux plus, j’ai besoin de valider une autre étape. Hélas les nouvelles sont moins bonnes, nous sommes à 8. Mais je n’en peux plus… Elle est rassurante et dit qu’à ce stade c’est normal que le travail ralentisse. Elle propose de rompre la poche des eaux qui ferait avancer le travail bien plus vite mais non sans mal. Elle nous laisse réfléchir et continuer comme ça. A 18h après un bilan quasi similaire, j’abdique, ok pour les eaux, Moïse n’a qu’à bien se tenir ! Elena arrive heureuse, elle a eu le temps d’accoucher une autre maman de son 3ème bébé, excellent timing pour elle ! J’ai peur, je sais que la douleur va être décuplée mais il me reste 1h30 pour accoucher, pas le temps de rigoler ! C’est parti, les grandes marées arrivent, ça coule, c’est chaud mais je me concentre sur le fait que Baby Cocoon arrive. Elle me dit qu’elle reste avec nous le temps de voir comment je gère la suite. Et là, c’est le drame ! La douleur est multipliée par 10, je ne respire plus sur les contractions, ce sont des cris qui sortent, je suis crispée et je me décompose. Elena s’éclipse puis revient quelques minutes après car je la réclame et la supplie de ne plus nous quitter. Elle me propose de tester une position sur le lit en englobant le ballon comme si je lui faisais un câlin pour accélérer le travail. La position est difficile à trouver mais elle est salvatrice, je sais que ça avance et je sens le bébé qui descend dans mon bassin, je l’accompagne en lui faisant de la place comme le suggère Elena. Je perds un peu la notion du temps. Elena s’éclipse un peu et revient en me disant qu’elle a trouvé quelque chose pour me soulager un peu. A ce moment là je suis en train de gravir l’Everest des contractions et je lui fais savoir que ce n’est pas le moment. Quand j’y repense je m’en veux d’avoir pu être désagréable avec elle ou mon amoureux mais certaines réactions sortaient sans que je ne les contrôle… Quelques secondes après je me ressaisis et m’excuse, elle n’a pas l’air de m’en vouloir et me propose d’inhaler un gaz pour tenter de me soulager. Je m’exécute. Je ne sens pas de soulagement particulier, la douleur est toujours présente mais peut-être que cela m’aide à m’évader un peu plus… J’ai vraiment eu cette sensation que j’ai d’ailleurs répété « je suis dans un autre monde, je suis très loin, je pars… » Mon esprit ne voulait qu’une chose : se faire la malle et se déconnecter de mon corps. Oublier la douleur en partant dans une forêt ou sur une dune comme j’ai pu le dire. Dans ces moments-là, je ne sais pas si la sophrologie s’invitait (j’en avais fait 2 séances) ou si c’était mon inconscient qui divaguait lui-même. Mr l’Amoureux m’accompagnait dans ces endroits apaisants en me posant des questions : avec qui j’étais, s’il était là, comment il était habillé, ce qu’on y faisait. Et je répondais instantanément.

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Je répéterai donc cette inhalation jusqu’aux derniers soins. Le fait de concentrer mes respirations dans ce masque m’a sûrement aidée. Mais la douleur, elle, ne pouvait s’endormir…

Un peu avant 19h, je sens que le bébé est là et j’hurle, mais Elena me dit qu’il y a encore un peu de chemin… J’ai envie de pousser ce qu’elle me propose de faire si ça me soulage. Je suis sur le côté et je pousse mais je sens vraiment que le bébé arrive ! Je ne comprendrai qu’après que je sentais et accompagnais sa descente mais qu’il restait bien cette fameuse demi-heure de travail.

A suivre demain pour la fin

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43 comments

  1. Sarah says:

    OMG!! Tu as accouché sans péri??!!! Rien que pour ça, tu mérites des félicitations!! Je t’admire pour ce choix que je suis incapable de faire! Encore une fois, tu racontes vraiment bien!

    • julycocoon says:

      Et oui j’ai tenu bon !!!! Je ne pensais pas en être capable avant… Il y a un plomb dans mon cerveau qui a du sauter !!!!!!! Tu verras demain ;-)))

  2. Mélanie says:

    Géniale cette salle « nature » ! Le rêve pour accoucher 🙂
    On ne contrôle rien dans ce moment si intense. Bravo d’avoir tenu bon.
    Moi le gaz à inhaler m’a endormie, ça n’a duré qu’une fraction de seconde, entre deux contractions mais je me suis endormie. Personne ne l’a vu, il n’a que moi qui me suis sentie « partir » d’un coup. Assez étrange comme sensation.
    Vivement demain 😉

    • julycocoon says:

      Ah oui j’imagine car dans l’après-midi même sans gaz j’avais envie de dormir et Mr l’Amoureux me secouait !! Ça fait bizarre en effet !! La salle était géniale, parfaite pour ce grand jour !! A demain !!

  3. Gwen C. says:

    Houaw… Respect…

    Encore une fois le texte est magnifique et les émotions bien présentes, même pour nous, lectrices… Alors j’imagine pour toi !

    J’ai accouché sans péri pour ma fille, mais pour Petit Dernier, à 7cm, c’était la péri ou la césarienne… J’ai choisi ce qui me semblait être le moindre mal (pas sûre aujourd’hui que ce fut judicieux) et ai pris la péridurale…

    Vivement demain, pour lire l’apogée, l’arrivée de #ZoeyCocoon sur Terre… 🙂

    • julycocoon says:

      Oh je t’avais répondu, bizarre !! Tu as bien fait pour la santé de ton bébé ! mais pourquoi tu penses que ce n’était pas judicieux ?? RDV demain pour la naissance ouiiiii !!!

  4. Marie-Ange says:

    Superbe suite ! Et comme tu dis on est dans un autre monde lors des contractions. Je n’ai jamais regretté de ne pas avoir pris la péridurale, on récupère nettement mieux ensuite et personnellement le l’enjeu j’étais comme si rien ne s’était passé ! J’avais juste une merveille en plus 😉

    • julycocoon says:

      Quasiment pareil ! J’étais fatiguée mais au niveau de la remise en forme c’est spectaculaire et les douleurs n’ont pas été très violentes ensuite ! Mes parents n’en revenaient pas quand ils m’ont vue le lendemain ! J’étais quasi prête à faire un footing c’est vrai !!!

  5. ombeline says:

    magnifique récit! je t’admire. j’accouche de bébé 2 dans un mois et espère faire sans péridurale. pour mon premier j’ai eu une césarienne d’urgence donc je n’ai pas pu faire ce que je voulais, là j’espère que ce sera différent 😀 merci en tout cas de ton témoignage. c’est motivant 😉

    • julycocoon says:

      Oh c’est chouette d’avoir ce joli voeu ! Je te souhaite de pouvoir le réaliser mais si ce n’est pas le cas le principal c’est la santé du bébé <3

  6. Weena says:

    Ouha, superbe récit, j’ai hâte de lire la fin.
    Et quand je vois dans les commentaires qu’on récupère plus vite après un accouchement sans péri, ça me fait me poser la question pour un prochain ;-).
    Parce que vu comme j’ai eu la chance de récupérer vite pour mon premier après un accouchement avec péri – je pouvais soulever mon corps 3h après l’accouchement et remarcher 8h après – je me dit que sans, je court dès la sortie 😉

    • julycocoon says:

      Ah oui je pouvais marcher 2h après voire même avant mais il fallait faire les soins 😉 donc ce serait plus rapide hihi ! A suivre pour toi alors !!!!!

  7. Chloé_b says:

    Magnifique récit, et je ne pense pas me tromper en disant que cet accouchement devait être merveilleux pour vous 3 !!
    Quel courage d’avoir persévéré dans la douleur, ne pas craquer pour la péri, surtout pour un 1er !!! 😉
    Et tu as eu bien de la chance d’être accompagnée par Elena, qui est une sage femme en or 😉
    Hâte de lire la suite de l’histoire !! 🙂

    • julycocoon says:

      Hihi tu la connais ou juste au travers du récit ??? Oui c’était quand même merveilleux malgré la douleur ! Je suis nostalgique : 14 jours déjà !!! A demain Chloé !!

      • Chloé_b says:

        je la connais personnellement, étant moi aussi sage-femme (enfin en tt cas, j’ai été à l’école de sage femme avec une Elena qui travaille mtnt a la clinique JV a Nantes, et des Elena, il n’y en a pas 50 😉 )

        Hé oui ça passe trop vite, votre baby Cocoon doit avoir déjà tellement changé !! 🙂

        A demain pour la suite !!!! 😀

        • julycocoon says:

          Mais ce n’est pas à JV que j’ai accouché mais à B… 😉 j’ai son nom de famille dans le carnet de santé en bas je crois que ça commence par un L il faut que je vérifie ! C’est ça ? Elle change un peu mais prend son temps !!! 😛 A demain !! Tu fais un super travail toi aussi 😉

  8. Chloé_b says:

    Ah et bien ce n’est pas la Helena que je connais dans ce cas 🙂
    Et du coup tu as peut être croisé un homme sage femme qui s’appelle Pierre?
    Vu la salle nature que tu décrivais, et vu que tu recherchais qqch de physio, je pensais que tu allais a JV 😉

    • julycocoon says:

      Moi c’était Elena sans H ! Oui c’est lui qui m’a fait visiter la clinique et il m’a dit qu’il était le seul il était top ! Il y a une salle comme ça aussi à JV ? Je ne sais pas pour le prochain où accoucherai encore… Tu bosses où toi ??

      • Chloé_b says:

        Je travaille à la PCA jusqu’à fin août, ensuite je serais au CHU 🙂
        JV c’est vmt top pour les mamans qui veulent du physio, c’est super nature, ils ont au moins une salle physio, si ce n’est 2, je ne sais plus… Par contre il faut s’y prendre tôt pour s’inscrire, il y a tjs une liste d’attente..

        • julycocoon says:

          J’habite tout près je me renseignerai quand même pour le prochain alors 😉 après je ne savais pas avant que je voulais quelque chose d’aussi naturel… C’est venu grâce à la prépa donc la clinique était choisie déjà depuis longtemps et je trouvais qu’elle s’y prêtait assez bien ! Après je ne sais pas si c’était LA clinique idéale ou pas… Il y a des choses à garder et d’autres non mais comme partout j’imagine… Pour Elena je te redis demain si je peux comment commence son nom 😉

          • Chloé_b says:

            Je pense que JV te correspondrait vraiment, et notamment sur ce que tu racontes dans la 3ème partie : être juste vous 2 avec la sage femme 😉 très peu d’extractions instrumentales, des sages femmes habituées à suivre des mamans sans péri… Le rêve à mon sens ^^

  9. Laura says:

    J’ai arrêté de respirer pendant ma lecture… Bravo !
    Je suis à la moitié de la grossesse et j’espère pouvoir faire sans péri mais c’est encore à discuter avec les sage-femme de l’hôpital pour voir si mon choix pourra être bien entendu 🙂

  10. Fanny says:

    Quelle chance cette salle nature! Il y en a une là où je vais accoucher mais je n’y ai pas droit car c’est interdit pour les grossesses pathologisues et mon diabète me fait tomber dans cette catégorie ! Ton accouchement fait envie !

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