La naissance de Zoey Cocoon #1

Une semaine après la naissance de mon trésor je prends enfin le temps de poser quelques mots sur mon clavier. Pas facile de trouver le bon moment quand on a envie de couver d’amour son petit bébé et de passer chaque seconde à l’admirer, en oubliant parfois même de dormir tant le temps passe vite et vous rappelle que chaque instant deviendra bientôt un souvenir. J’aimerais écrire et graver chaque minute de mon accouchement et de ses premiers jours, j’aimerais me rappeler de ces sensations de fou, du sentiment brûlant d’un amour naissant, incontrôlable, d’une force inouïe qui fascine et déstabilise, qui se décuple et vous scotche qui fait vibrer de bonheur mais aussi d’inquiétude !

Ce récit sera sincère, aussi fidèle que peuvent l’être mes souvenirs, que le cerveau s’empresse d’effacer, peut-être animal et en tout cas très personnel. Sentez-vous libre de le lire ou pas, j’espère ne pas vous choquer, je ne pensais pas rentrer dans tant de détails mais j’en ai ressenti l’immense besoin et l’intime envie de les partager !

A J-1 de mon terme, je me réveille ce matin-là, jeudi 6 août 2015, en même temps que Mr l’Amoureux, qui part travailler, avec l’intention d’appeler mon osthéo pour le voir dans la journée et tenter de préparer mon corps à ce qui va lui arriver, voire même de débloquer la situation car Baby Cocoon n’a pas l’air décidé… Je glisse à mon amoureux que quelques petites contractions ont perturbé ma nuit mais que ce n’est pas aujourd’hui encore qu’il est exempté d’aller au travail… Il descend se préparer mais à peine a-t-il quitté la chambre que des contractions douloureuses commencent. Les vraies, celles du travail, celles qui donnent la vie ! Incomparables à celles qui ont pu parfois parcourir mon ventre ces derniers mois. Des décharges électriques qui tordent mon ventre et mon dos, qui s’attardent dans mes reins, qui montent jusqu’à ma tête et me font très vite comprendre par leur régularité et leur intensité, que la rencontre se prépare. A 7h42, impossible de me rendormir. J’appelle mon amoureux pour lui faire part de la situation. Je crois que c’est pour aujourd’hui mais il est encore un peu tôt pour le dire. Pas de stress pour lui, il sait qu’il a le temps et décide d’aller travailler quelques heures pour finaliser ses dossiers et prévenir de son départ. Il se dépêche de partir en me promettant de rester joignable quoi qu’il arrive. Je suis rassurée et impatiente que les prochaines heures avancent et que les contractions arrivent. A ce moment-là la douleur n’est pas vraiment progressive. Elle est, depuis 7h, perçante et précise, régulière et, d’une certaine manière, rassurante.

  • Entre 8h et 9h : je prépare un copieux petit-déjeuner, je range ce qui traîne au rez-de-chaussée et je prends note des contractions. A 8h53 j’envoie « Ca s’espace un peu mais c’est toujours intense… Je note les heures et je prends mon bain ! ». A ce moment-là je n’ai peur que d’une chose : que les contractions s’arrêtent, marquant la fin d’un travail naissant. L’adrénaline d’un potentiel accouchement me porte à travers les douleurs.
  • Entre 9h et 10h : Mr l’Amoureux prend de mes nouvelles, je lui raconte l’évolution il me dit qu’il termine sa matinée et rentre. Je prends un bain qui m’est désagréable, les positions assise ou allongée ne me permettent pas de gérer les contractions et j’en sors vite, une fois bien propre. Je me sèche et commence à rassembler mes affaires de toilettes, bien éparpillées dans la salle de bain, je me maudis presque de ne pas l’avoir fait avant, tant je me trouve bloquée par les contractions quand elles surviennent. Le bon côté c’est que je suis active, debout la majorité du temps. Je sors aussi les valises de la chambre de Baby Cocoon : la sienne, la mienne, celle de la salle de travail, mon coussin d’allaitement…

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  • A 10h33, j’envoie « Bon c’est le jour J, je n’ai plus de doute… Prépare toi à rentrer dans la journée ! Tu es près de ton téléphone ? » « Oui » 10h34 « C’est hyper douloureux, c’est un truc de fou… ». 10h50 il m’appelle et me dit qu’il partira à midi, je suis contente de savoir qu’il va arriver, je lui dis que je gère une heure de plus !
  • 11h – 12h : Je descends dans le salon et fais du ballon, je ne peux plus rien faire d’autre. Je note les heures et me concentre sur les contractions et ma respiration. Je trouve du réconfort auprès de ce ballon mais commence à vraiment souffrir… 11h40 j’envoie « Tu peux rentrer ou pas ? C’est toutes les 4 minutes ». 11h42 J’appelle Mr l’Amoureux qui me dit qu’il est en route pour sa voiture et attendait d’y être pour m’appeler. Il pense qu’on a encore le temps. Je lui dis que sa présence me rassurera beaucoup et que je l’attends pour appeler la clinique. Il est en route, oui, c’est le jour j, je le sais !!! 11h57 Je souffre, je craque et appelle les urgences maternité de la clinique. J’attends la fin d’une contraction pour avoir quelques minutes devant moi. L’appel dure 4 minutes pendant lesquelles je n’ai pas de contraction. Je tombe sur une sage-femme à qui j’explique la situation. Elle me dit que j’ai le temps car c’est un premier. Elle me conseille de bien manger chez moi, d’attendre mon mari et de venir en début d’après-midi contrôler. Je sens qu’elle me fait patienter en pensant que j’ai encore du temps. De mon côté je trouve que je gère les contractions mais leur rapprochement me fait peur. Pendant ce temps Mr l’Amoureux tente de me joindre 6 fois et s’inquiète que je ne réponde pas. Je le rappelle, il a peur que je sois tombée dans les pommes ce qui me ferait presque sourire. 3 minutes après, il est à la maison.
  • A 12h, il prend la mesure de ma douleur, tente de me changer les idées en me parlant d’autre chose sur les contractions, ce qui m’est insupportable. Je lui dis que quand il y a une contraction je me fous du reste, que la douleur me demande toute ma concentration. Il propose de me masser les reins ce qui m’aide vraiment. Il prend les choses en mains et me somme de manger, j’essaye de m’asseoir à table mais chaque contractions me tétanise et je passe de ma chaise au ballon entre les bouchées, je peine à avaler les bons plats maison qu’il me reste de la veille : une salade de tomates et concombre, des cannellonis courgettes-chèvre et des crèmes mangue-coco. Je décide même de poster une photo du dessert sur Instagram, prise la veille, mais pas publiée, pour brouiller les pistes. A J-1 je ne supporte plus vraiment les messages « alors ? bébé toujours au chaud ? » et cie… Ca marche tellement bien que cette journée-là personne ne me demandera où j’en suis ! Des amis pensent même venir dîner chez moi le soir et une amie enceinte aussi me demande si j’ai trouvé un rdv osthéo. Je me sens sereine pour partir à la clinique sans que qui que ce soit s’en doute, c’est terriblement excitant de vivre ça à 2, bientôt 3 !

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  • 13h : c’est dur pour moi mais il faut encore attendre même si Mr l’Amoureux me dit « bon on y va ? » je lui réponds qu’il faut tenir jusqu’au début d’aprèm soit 14h. Je décide de prendre une douche, mon corps souffre tellement ! Mon amoureux termine de préparer quelques vêtements pour lui, sa tablette, de quoi s’occuper et de la musique (cd et playlist). Cela fait des jours que je lui dis de le faire mais il attendait le dernier moment, évidemment. Mais il est rapide et ça l’occupe pendant que je me prépare. Je suis propre, j’ai mis ma robe flamants roses, mon partenaire indispensable de la grossesse !! Ce que je ne sais pas c’est que dans quelques heures j’accueillerai mon bébé dans cette même tenue ! Une nuisette qui a fait tellement parler pendant ces deniers mois ! Une matière légère, un joli motif, un souvenir à vie !

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  • Il met tout dans le coffre de notre nouvelle voiture familiale, arrivée à temps, 5 jours avant cette journée merveilleuse ! On met la clim et en voiture Simone ! 15 petites minutes de trajet qui me font serrer les dents car des contractions me coupent le souffle, toutes les 3 minutes. On se gare dans une rue parallèle de la clinique et on ne prend que le nécessaire : sac à main et sac pour la salle de travail. Il y a 200 mètres à faire alors que 2 ou 3 contractions m’empêchent carrément d’avancer. Je m’arrête et m’appuie de toutes mes forces sur les épaules de mon amoureux qui est d’un soutien sans faille. Je me demande même si des passants vont voir que je suis sur le point d’accoucher, dans cette rue !

A suivre dès demain #2 #3

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48 comments

  1. Blog du Dimanche says:

    Wow quel texte, c’est magnifique ! J’ai été totalement absordée et frustrée de découvrir le « à suivre » !!

    J’ai rédigé un récit de mon accouchement aussi, sur le blog privé que j’ai créé à mon fils ^^ J’avais besoin de coucher ces mots, je le comprends tellement 🙂

    Vivement qu’elle arrive, cette suite !

    • julycocoon says:

      Désolée ma belle de te frustrer ! C’est en 3 parties la suite demain et la fin vendredi mais c’était beaucoup trop long pour un seul article… Si j’ai le droit je veux bien lire ton texte aussi !!!!!

  2. Sarah says:

    Tu écris vraiment très bien!!! Je ne sais pas encore ce que c’est que des contractions (je suis dans mon 8ème mois…) mais je redoute un peu ce moment tellement on sent la douleur dans ton texte! Bon j’attends la suite avec impatience!!

    • julycocoon says:

      En tout cas tu sauras immédiatement que ce sont celles-ci et ça c’est incroyable et impossible à décrire !!! Mais tu seras heureuse aussi et ça porte 😉

  3. Mélanie says:

    Quel suspens ! 🙂 Tu as eu du bol d’accoucher en nuisette, moi ‘avais tout prévu et paf, ils m’ont laissé à poil. J’avais tellement mal et j’étais tellement concentrée comme tu le décrit si bien que je n’ai même pas eu l’idée de me plaindre lol

  4. Gwen C. says:

    Idem ! Frustration au maximum ! Le texte est magnifique et l’émotion très présente.

    Pour ma part j’ai une larme qui a coulé… Ça me rappelle tellement mon accouchement pour Petit Dernier. Le ballon, cet ami indéfectible. Les massage du mari. Ses tentatives pour me changer les idées alors que je suis concentrée sur ma douleur…

    En revanche j’envie ces femmes qui « savent » que c’est maintenant, que c’est le bon moment. Je n’ai jamais su… Il faut dire que j’ai eu des contractions pendant 5 mois à chaque fois, mais malgré l’intensité de la douleur des dernier moments, pour Petit Dernier par exemple, ils m’ont renvoyée 2 fois chez moi !

    En tout cas j’ai hâte de lire la suite car c’est vraiment émouvant et bien écrit… On veut savoir si c’est dans cette rue, dans le hall de la clinique ou dans une salle de travail que la jolie Zoey a vu le jour.

    • julycocoon says:

      Hehe ! Je vous tiens pour 3 jours !!!!! Ah la la j’avais peur qu’on me renvoie chez moi mais plus le temps avançait et plus je savais que ça arrivait !! Tu verras avec la suite que je ne me trompais pas ! 🙂

  5. Marie-Ange says:

    Très joli récit et émotif ! 😉 Pour moi au niveau des contractions et de cette attente je ne peux pas en dire autant, je n’ai senti les contractions que 20 min avant sa naissance très rapide et sans péri 😉 J’ai hâte de lire la suite 😉

        • julycocoon says:

          Je pense que si vu les douleurs que j’ai ressenti lol si ça avait pu être plus court !!!!!!! Mais en effet ça doit faire peur aussi !!

          • Marie-Ange says:

            Je n’ai jamais eu peur, au contraire je pense qu’au fond de nous même on le sent 😉 C’est là que tu te rends compte que la nature est bien faite ! Et quand on m’a annoncé que c’était pour tout de suite j’ai ris ! 😉

            • julycocoon says:

              Pareil que toi en fait ! J’ai raconté hier mon accouchement à des amies elles ne comprenaient pas que je sois restée chez moi et sans Mr l’Amoureux mais je savais aussi que ce n’était pas encore le moment d’accoucher et qu’il fallait patienter !!! Super accouchement que tu as eu l’air d’avoir en tout cas !!

              • Marie-Ange says:

                Oui il faut se faire confiance et je dirais pareil pour la suite avec bébé 🙂 Pour moi oui c’était super, grossesse parfaite et accouchement pareil, entre la prise en charge à la maternité et sa naissance il s’est passé 2h, sans péri ni déchirures 😉

                • julycocoon says:

                  Super !! Pas de déchirure non plus et heureusement vu les douleurs déjà ressenties sans ça !!!!!! Tu as raison : se faire confiance c’est là clé !

  6. Nanakie says:

    Waw J’ouvre Hellocoton en même temps qu’avoir démarré le Replay de Babyboom et je vois ton article! C’est tellement d’émotions! Comme toute(s) j’attends la suite avec impatience!
    (Je ne sais pas si je dois dire « Félicitations » sur cet article ou s’il faut attendre celui de la naissance 😉 )

  7. barbara says:

    et ben, tu es bien courageuse d’avoir affrontée ces contractions seule à la maison, si j’avais fait comme toi j’aurais accouchée entre temps sur le canap. Premier enfant ne signifie pas accouchement long: chez nous tout compris 4h30!

    • julycocoon says:

      Je suis bien d’accord avec toi ! Mais après je sentais l’avancée et je savais que je na coucherais pas chez moi en quelques heures hélas, je crois que j’aurais préféré !!!

  8. Lybzh says:

    C’est vrai que tu as une jolie plume 🙂 vivement la suite !

    Ça a l’air tellement douloureux ces contractions…mais en même temps cette douleur rapproche du bonheur.. je sais pas comment on peut se sentir dans ce moment là.

  9. Anne-Laure says:

    Maintenant que nous sommes posés et installés à Montréal, je rattrape mon retard et découvre ces beaux moments. Cette première partie est tellement touchante et émouvante. J’ai l’impression d’être à tes côtés ! J’espère que Zoey aura l’occasion de lire ces articles un jour pour découvrir son arrivée et y sentir tout l’amour de sa maman ! <3
    Bon allez, je file lire la suite ! Là, je retiens mon souffle avec toi. 🙂

    • julycocoon says:

      Je savais que j’aurais le droit à un petit passage quand tu serais un peu posée et j’en suis ravie !! Le récit est déjà imprimé pour que Zoey le lise plus tard, je suis très heureuse de lui faire ce « cadeau », j’avoue que j’aimerais moi-même connaître chaque détail de ma naissance !

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