J’écrirais un roman qui parle de toi.

J’écrirais un roman qui parle de toi. Si j’avais cette foutue inspiration. Je noircirais les pages de ton prénom. De toi, de nous, de notre histoire. Je consignerais chaque mot que tu prononces, je te raconterais comment ta venue m’a chamboulée. Comment pour moi, être une maman, n’était ni un rêve, ni un aboutissement. Mais comment je t’ai désirée au plus profond de moi. Je te parlerais de tes premières heures si sereines, et de moi qui n’étais jamais tombée amoureuse aussi vite. Je te dirais que je t’aime de plus en plus chaque jour et qu’il n’y a rien de plus beau que de te regarder blottie dans mes bras ou ceux de ton papa. Je te dirais que je n’aime pas spécialement les enfants. Je te raconterais tout ce que je n’aime pas faire avec toi, tout ce que je n’aime pas de notre quotidien, tout ce que je délèguerais bien. Mais surtout, et parce que j’ai tellement envie que tu m’aimes, je te dirais tout ce qui fais de toi l’Amour de ma vie. Que si tu étais beaucoup plus sage, je me verrais bien finir ma vie rien qu’avec toi. Que je m’en veux de ne pas avoir cette énergie. Car cette vie me paraît impossible à endurer. Je n’aime pas spécialement devoir toujours m’occuper de toi, avant moi. J’aimerais que tu sois, déjà, celle que tu seras. Qu’on puisse avoir nos conversations d’adultes, de femmes, de mère-fille. J’aimerais sauter les étapes et ne pas me taper cette enfance qui me prive des échanges que je souhaite avoir avec toi, déjà. Tu vois, si je devais noircir ces pages je ne suis pas sûre que tu aimerais tous les chapitres. Et puis, en même temps, est-ce que tu me détesterais de savoir cette vérité ? Que je t’aime mais qu’il y a des tâches que j’aimerais effacer ? Que pour moi être mère ce n’est pas toujours t’éduquer, mais être à tes côtés. Que ce n’est pas toujours t’apprendre de nouveaux mots mais pouvoir discuter. Que ce n’est pas attendre que tu dormes pour me retrouver. Il y a ces jours, où la plume me chatouille, et où je noircis une page que je ne publierai sûrement pas dans ce roman. Mais qui peut trouver une place ailleurs, sur cette page, parfois trop accessible à d’autres que toi, cette page difficile à cacher, cette page qui était mon jardin secret avant que vous vous y soyez aussi invités. Un jour, j’écrirai un roman qui parle de toi.

13 comments

  1. Girlinduplex says:

    Enfin la vérité sur la maternité 😉 cette foutue fatigue qui nous rend amère certains moments avec eux. J’ai lu récemment un passage d outlander où le papa essaie de façon subliminale de rendormir son bébé et parfois ça marche lol et on peut repartir dans le sommeil. Mon livre de chevet allaitement avec des détails de la relatio parent enfant tellement bien décris. Un peu comme ton article

  2. Nimoune / Pauline B says:

    Ces mots sont saisissants, ces ressentis que je comprend enfin, la maternité un cadeau, un bonheur mais aussi un équilibre entre soi et son enfant, son couple. Tes mots sont tellement justes !

  3. Lemon June says:

    C’est bien vrai tout ce que tu dis … C’est tellement fatiguant au quotidien de s’occuper et d’éduquer du mieux possible ces petits loulous.
    J’ai tellement envie de retrouver du boulot, il y a des jours où je n’ai pas envie de m’occuper de Sacha et pourtant, je ne boude pas de me dire que mon bébé est sur-mesure. On en parlait ce matin encore avec les grasses matinées notamment.. Bref, on les aime nos bébés <3

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